• SuperEstelle

Il y a toujours pire que soi !

Mis à jour : 12 déc. 2019

PAS POSSIBLE ? ET POURTANT, SI !


Quand on est pris dans la tourmente, on peut avoir du mal à croire qu'il puisse exister pire, et pourtant cela est bien vrai. D'ailleurs, ma vie s'est toujours arrangée pour me le rappeler, chaque fois que j'ai eu envie de baisser les bras ou tendance à m'apitoyer sur mon sort.


Petite histoire 1 :

En effet, quelques jours après la disparition de ma magnifique fille Claire, je me suis rendue dans un Apple Store pour tenter de faire déverrouiller son iPhone. Dès que j'ai eu expliqué ma situation au jeune homme de l'accueil, il a fait appeler la responsable de la boutique. Une jeune femme - plus jeune que moi en tout cas - qui, au fil de la discussion, m'a raconté que ces trois enfants avaient péri dans un accident de voiture, quelques années auparavant. Un jeune chauffard avait tout simplement fauché toute sa famille à un arrêt de bus.


J'ai regardé cette femme et, bien sûr, son visage ne laissait rien paraître de cette tragédie. Et je me suis demandé : "Mais... comment elle fait ?" Comme si elle avait deviné mon interrogation, elle a mis sa main sur mon épaule et m'a dit en souriant que cela prendrait du temps, mais que ça irait. Et comme je secouais la tête, les deux yeux écarquillés d'horreur, elle m'a prise dans ses bras et m'a juré que cela prendrait du temps, mais que ça irait.


Cela faisait des jours que j'étais littéralement effondrée, que je tremblais de la tête aux pieds, que j'étais continuellement secouée de sanglots, incontrôlable, inconsolable. Mais, en ressortant du magasin ce jour-là (le téléphone de ma fille toujours verrouillé), je ne vous cache pas que je me suis sentie terriblement ridicule. Au moins le temps d'arriver à la bouche de métro. Puis, une petite voix m'a souffler: " Ne fais pas ça ! Ne hiérarchise pas ta douleur !"


Peu importe le nombre d'enfants perdus, peu importe leur âge, peu importe leur sexe... une mère endeuillée est une mère meurtrie au plus profond de sa chair et je doute qu'il existe une souffrance plus intense que celle-là.


Petite histoire 2 :

Plusieurs mois ont passé. Je n'ai pas oublié cette jeune femme - comment le pourrais-je - et tous les jours, je constate qu'elle avait raison. Je vais de mieux en mieux, notamment parce que je m'y efforce.


Il y a quelques jours, dans le cadre d'une de mes actions bénévoles, j'ai rencontré un jeune homme d'une trentaine d'années. A peine avions-nous échangé quelques banalités, que j'éclatais en sanglots. Comme ça, sans prévenir, comme c'est le cas depuis ce fameux jour de janvier 2019.

Pour me justifier, je lui ai rapidement décrit le contexte et expliqué les difficultés que je rencontrais avec mon fils. C'est alors qu'il me raconte son histoire.


Alors qu'il n'avait que 25 ans, ses deux parents sont décédés simultanément, lui laissant à charge son petit frère et sa petite sœur d'une douzaine d'années. Ainsi, sans l'en avertir et sans lui demander la permission, sa vie à lui aussi avait totalement basculé. Du jour au lendemain, il était passé de jeune homme célibataire à orphelin et "père" de deux jeunes adolescents, avec tout ce que cela entraînait comme conséquences.


Lui aussi m'a souhaité bien du courage et m'a promis que, tant que je tiendrai le coup, je pourrai m'en sortir.


Moralité :

Mon cœur saigne tous les jours. Et, tous les jours, je me dis que le cœur de tout un tas de gens saigne aussi. S'ils peuvent tenir le coup, avancer et aller plus en avant encore, s'ils peuvent le faire, alors je peux le faire aussi. Et si je peux le faire, alors, toi aussi, tu le peux !


Respire un bon coup et fais un pas en avant.


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"Je ne fais pas semblant d'être heureuse.

Je décide de l'être

puis je m'y entraîne tous les jours !"

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